Ce week-end a eu lieu la troisième édition de la Garden Nef Party. Ayant eu la chance d'avoir pu me procurer une invitation pour la journée du Samedi, j'ai pu faire partie des 12 000 personnes qui ont assisté, médusés, à la prestation scénique d'Iggy Pop and the Stooges.
Cinq minutes avant son entrée sur scène, je l'attends, entourée d'amis, au coeur de la fosse, et l'excitation envahit
la foule... Ca hurle, ça brasse, ça tire, on se sent emporté par le courant... nous sommes à deux mètres de la scène, et ils vont entrer d'une minute à l'autre. Un trac monstre dans la tête, on
va le voir, en chair et en os, merde c'est pas vrai, THE Iggy Pop, THE icône par qui le punk est arrivé, celui qui était déjà sur scène en 1969. C'est un moment historique que j'ai l'impression
de vivre... c'est toute une culture représentée par l'un de ses instigateurs que j'aurai dans un instant devant les yeux, et j'en suis, profondément émue, et plus encore,au bord de l'explosion
!
Les Stooges entrent enfin, suivi de près par l'Iguane, blond décoloré, torse nu et jean moulant. La foule
éclate et se précipite plus en avant, et les premiers slammeurs manoeuvrent et se jettent au plus près de la scène. Bel hommage à celui qui, lors de ses premiers concerts, a ouvert la voie à tous
ceux pour qui désormais, se jeter dans le public fait partie du rituel du parfait rocker. Quelques coups de coude à gauche, à droite, pour que vu ma corpulence, je décide de profiter
pleinement du concert hors de la fosse, un peu plus sur la droite, à l'abri de la folie qui s'est emparé des festivaliers, mon ami y compris, que j'ai vu tracer comme un flêche au premières notes
de guitare... et que je ne verrai plus qu'à la fin, en pleine descente d'adrénaline !
Avec du recul, je contemple l'idole et mon excitation s'apaise. Je ne vois pas Iggy Pop, mais un homme qui s'amuse à être Iggy Pop. Coups de reins par-ci, poses langoureuses et déhanchements
suggestifs, il braille dans le micro et salue son public. C'est bien, c'est très très bien, mais ce n'est pas historique. Il donne ce qu'on attend de lui et j'ai l'impression de contempler une
nature morte: la composition dans le tableau est immuable, prévisible... mais émouvante car il s'agit d'une toile de Maître.
Et finalement, je ne comprends plus pourquoi la plupart des gens présents paient une telle somme pour une fois sur place ne pas s'intéresser à la musique mais voir
simplement l'icône en vrai, comme on paierait une entrée au Musée. C'est pathétique, mais je ne boude pas mon plaisir, car c'est beau: le voir me donne l'impression de m'approcher un peu
plus de tous ces idéaux rock partis en fumée depuis. He's a survivor !!! Et puis, pour une nature morte, il est drôlement bien foutu quand même !
